Les nouvelles fibres à base de déchets alimentaires

Transformer des déchets alimentaires en tissus et fibres ? C’est la tendance textile en plein essor qui est en train de révolutionner l’industrie de la mode, dont l’impact environnemental toxique est chaque jour un peu plus pointé du doigt. Focus sur ces matières hors-du-commun aux vertus prodigieuses.

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Un secteur en plein essor

Alors que la quantité de déchets alimentaires produite par l’homme devrait atteindre les 9,6 milliards d’ici 2050, les producteurs de textile rivalisent d’imagination pour créer des fibres innovantes et éthiques, revalorisant les matières premières naturelles déjà utilisées afin de réduire leur impact environnemental. Une recherche intense et dynamique, qui a notamment été reconnue par le dépôt en 2016 de brevets scientifiques par la City University of Hong Kong (CityU) et le Hong Kong Research Institute of Textiles and Apparel Limited (HKRITA). Résultat ? De nombreuses fibres réalisées à partir de comestibles ont ainsi vu le jour ces dernières années, repoussant les limites de la création textile. C’est ainsi qu’une société italienne, Antonella Bellini, parvient aujourd’hui à transformer de manière audacieuse du lait gâté en vêtements, ce dernier étant au préalable chauffé, réduit en poudre puis transformé en fibre tissée. Mais ce n’est pas la seule à réaliser de telles prouesses.

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Des fibres diverses et variées

La dernière en date ? La laine de coco. Baptisé Nullarbor et conçu par la firme australienne Nanollose, ce tissu est fabriqué à partir de la fermentation de déchets de noix de coco liquides, mises en culture avec des bactéries, sans que cela nécessite l’abattage d’arbres ou encore l’utilisation de beaucoup d’eau/d’énergie en comparaison avec le coton. Une méthode de production qui n’est pas sans rappeler celle du Piñatex, ce cuir végétal réalisé à partir de déchets de feuilles d’ananas et qui, initié par le Britannique Ananas Anam, a connu une croissance rapide dans l’industrie de la chaussure vegan. Il concurrence directement le cuir de raisin de l’entreprise italienne Vegea qui a eu l’idée ingénieuse d’utiliser les ressources viticoles du pays latin pour concevoir une matière très résistante, réalisée à partir de résidus de grains et de peaux issus de la transformation du raisin en vin. Une prouesse technologique qui a lui a valu le prix Global Change Award du groupe H&M et le prix de l’Innovation 2017 des PETA Fashion Award, lui assurant une reconnaissance mondiale. Même succès pour AppleSkin imaginé par la start-up Frumat et qui permet de transformer, selon un processus donné, des déchets dudit fruit en textile végétal, mais aussi en papier kraft et en mouchoirs.

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Enfin, on note l’invention de la fibre d’orange, développée par le groupe Salvatore Ferragamo à partir de déchets d’agrumes et récompensée par de multiples prix, mais aussi celle de la soie de bananier, le S.Café® développé par L’Herbe Rouge ou encore le développement de nouvelles matières non-tissées à base de coquilles d’œuf ! Une liste non-exhaustive d’avancées prometteuses, qui indique avant tout l’émergence d’une nouvelle ère textile fondée sur l’upcycling et l’économie circulaire. Tout un programme !

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